De « fortes turbulences » en vue sur le marché de la pomme de terre
Avec une production française importante en 2025-2026, permise par une forte hausse des surfaces, l’équilibre offre/demande de pommes de terre de consommation est déstabilisé. Une situation discutée lors de l’assemblée générale du CNIPT, l’interprofession de la pomme de terre, le 14 janvier 2026.
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« On constate une baisse de prix d’achat [de la pomme de terre] de 20 % entre l’année dernière et cette année », relevait Benoît Serrié, responsable des achats de fruits et légumes frais chez Carrefour, lors d’une table-ronde organisée à l’occasion de l’assemblée générale du CNIPT (interprofession de la pomme de terre) le 14 janvier 2026. « Je pense qu’on entre dans une période de fortes turbulences, avec peu de visibilité, abondait Luc Châtelain, président de l’interprofession entre 2020 et 2023 et depuis le début de 2026, et administrateur à l’UNPT (syndicat des producteurs). Il faut accepter de réduire les surfaces et de produire pour le marché qu’on a. »
L’agriculteur faisait référence à l’explosion de la sole nationale connue sur la campagne de 2025-2026 (lire l'encadré). Celle-ci a atteint près de 200 000 ha, un record permis par des prix porteurs, eux-mêmes soutenus par une demande industrielle française et une demande en frais à l’exportation dynamiques, et par une croissance internationale sur la pomme de terre transformée, comme le rappelait François-Xavier Broutin, directeur des affaires économiques du CNIPT.
Cap sur de nouveaux marchés
Pour autant, la demande n’aurait pas suivi dans des proportions similaires. En France, « elle évolue [dans ses différents segments] mais n’augmente pas, donc il n’y a pas de raison que les volumes produits progressent si fortement, estimait pour sa part Maxime Dessein, conditionneur pour les établissements Dissaux. Et encore une fois, nous avons eu de la chance que les rendements aient été moyens, sans quoi la production aurait été encore plus forte. »
Pour Luc Chatelain, l’amont agricole n’est toutefois pas le seul responsable de cette situation. « C’est bien l’ensemble de la filière qui doit s’organiser pour maîtriser les surfaces. Dès l’année dernière, des alertes avaient d’ailleurs été données pour inciter à garder raison malgré l’ambiance positive », a-t-il retracé.
Gérald Lemaire, négociant pour l’entreprise Lucas Lemaire, a néanmoins parlé d’opportunités grandissantes sur certains pays méditerranéens (Portugal, Espagne, Italie notamment), où la consommation n’évolue pas, mais la production régresse du fait du changement climatique. « Sur l’Espagne, il y a des filières qui importent de la pomme de terre française. […] J’ai été sollicité pour mettre en contact certains fournisseurs français », appuyait Benoît Serrié.
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